Mort d’Ettore Scola : l’histoire secrète du film Le Bal

Le dernier géant de l’âge d’or du cinéma italien, décédé le 19 janvier, avait obtenu le César du meilleur film en 1984 pour cette fresque historique vue à travers les yeux d’un danseur de salon. Secrets de fabrication.

Sorti en 1983, Le Bal d’Ettore Scola reste un film majeur dans la carrière du dernier géant du cinéma italien mort le 19 janvier à Rome à l’âge de 84 ans. Miroir et reflet de cinquante ans d’histoires politiques et sociales en France à travers les yeux d’un danseur de salon, le long-métrage a révolutionné le cinéma… et tout ça, sans un mot.

Trois césars consacreront le génie visionnaire. En 1984, Le Bal a remporté le César du meilleur film, celui du meilleur réalisateur et celui de la meilleure musique (Vladimir Cosma).

Ce que l’on oublie peut-être aujourd’hui, c’est qu’à l’origine de ce succès de cinéma, il y avait une pièce de théâtre composée collectivement par le théâtre du Campagnol. Une compagnie créée par Jean-Claude Penchenat, qui avait été l’un des fondateurs du théâtre de Soleil avec Ariane Mnouchkine.

«Très choquée» par la disparition du réalisateur qui s’est éteint dans la nuit du mardi 19 janvier, Geneviève Rey-Penchenat qui également joué dans le film, se souvient des différentes étapes de fabrication de ce film unique, tourné d’après «le scénario» qu’elle et son mari avaient établi après le travail collectif.

Le tournage du Bal est arrêté du jour au lendemain

Geneviève Rey-Penchenat et son mari, connaissaient bien le «maestro». Plus qu’une relation professionnelle, les trois artistes entretenaient un lien d’amitié. «Quand il venait à Paris, il venait nous voir. Il parlait très bien français. Ettore Scola était un homme très intelligent. On pouvait discuter de tout avec lui. Il savait considérer l’autre…», raconte l’actrice.

Ettore Scola, Jean-Claude et Geneviève Penchenat ont eu une «aventure particulière». Leur première rencontre remonte aux années 80, lorsque Jean-Claude Penchenat met en scène Le Bal. «Scola est venu nous voir à Anthony. Il a adoré la pièce de théâtre et il a voulu en faire un film» se souvient Geneviève Rey-Penchenat. Les deux scénaristes, qui se sont tout de suite entendus, ont alors longuement discuté: le film se fera à Paris.

Cependant, la santé d’Ettore Scola met très rapidement fin à une collaboration à peine entamée. «Il a fait un infarctus à Paris, donc on a du tout arrêter» se rappelle Geneviève Rey-Penchenat. Mais c’était sans compter sur l’incroyable force de vie du réalisateur qui à peine remis de son attaque cardiaque décide de relancer le tournage mais cette fois-ci à Rome.

«Nous sommes descendus, mon mari et moi à Rome. Pendant 3-4 mois, avec les comédiens de la création, nous avons tourné le film. C’était une occasion incroyable» explique l’actrice. «Ettore Scola était très respectueux des idées de Jean-Claude Penchenat. Il était très à l’écoute, très coopérant. Une complicité s’est créée entre les deux hommes. Durant le tournage nous avons énormément ri (elle soupire). Ça remonte à trente ans et pourtant, pour moi, c’était comme si c’était hier. Ettore Scola était très humain. Il va tous beaucoup nous manquer».

Source : Mort d’Ettore Scola : l’histoire secrète du film Le Bal

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