Allez ! Qu’est-ce qu’on attend pour s’inscrire à ce Festival ? Zut, quoi !

Dans le monde du Théâtre Amateur, il est assez aisé de se faire une petite réputation, que ce soit pour un artiste, pour un groupe, pour un metteur en scène.

Il est, en effet, relativement simple de plaire à un public conquis d’avance. La base, nous le savons, des spectateurs d’une troupe non-professionnelle est constituée principalement de « supporters » en tous genres : famille, amis, collègues, sympathisants. Mais l’on constate, aujourd’hui, l’arrivée d’un public nouveau, curieux, qui aime les découvertes. On ne peut que s’en réjouir !

Et si on allait voir ailleurs si l’herbe… ?

Et si, au lieu de tourner un peu en rond, on partait à la découverte ? Si on envisageait d’autres façons de faire du théâtre ? Si, au lieu du sempiternel Le dîner de cons ou Le canard à l’orange (nous exagérons à peine), on s’éveillait à un autre style de répertoire ?

Déjà, la Flandre nous montre l’exemple dans ses choix audacieux, souvent percutants.  Mais vous cherchez l’exotisme dans vos déplacements car Gand et Anvers vous semblent trop proches ? Alors, l’Europe s’ouvre à vous !

Déjà que pour vous inscrire à un festival, vous êtes, d’abord, simple candidat, dossier complet du spectacle et DVD indispensables. Commence alors la période la plus excitante : l’attente. Comment le jury de sélection recevra-t-il votre spectacle ? Sera-t-il conquis ? Le programmera-t-il ? Quel sera l’avis final ? C’est excitant car tout est nouveau. C’est fait ! Le feu est vert ! Vous êtes sélectionné ! On vous attend ! Vous y allez ! La découverte. Le grand plaisir de montrer votre travail à d’autres publics moins partisans qu’au pays. Vous voilà mis en danger. En déséquilibre. Il faut alors réaliser un sans-faute, une prestation artistique forte pour en retirer un maximum sur le plan humain et convaincre ces nouveaux spectateurs, tout en consolidant l’avis du jury de sélection, lui certifiant qu’il a très bien agi en vous faisant venir, parfois de très loin.

C’est une nouvelle conquête artistique, une étape de plus dans votre cheminement théâtral.

C’est dans ces moments intenses qu’un(e) comédien(ne) prend conscience de la valeur de son engagement, qu’un metteur en scène saisit les champs possibles de réceptions diverses et que le scénographe, avec l’équipe technique, invente, innove, adapte, recrée en fonction de nouveaux lieux d’accueil. Quel plaisir ! Quelle joie !

Et puis, les Festivals (bien choisir celui où l’on s’inscrit pour être en phase, selon les genres) donnent à voir d’autres productions, par d’autres compagnies qui viennent d’autres pays : là aussi, c’est formation continuée. Une autre façon de jouer, un rythme différent, un répertoire souvent différent de chez nous, des idées de mises en scènes novatrices : tout y est. On ouvre grand les yeux, on en prend plein les oreilles et on enregistre tout sur la mémoire de son disque dur avant de rentrer.

Les voyages forment la… ?

Évidemment. Il y a un avant festival et un après festival. Le groupe n’est plus le même, il est plus fort, plus serein, plus modeste aussi, mais infiniment plus sûr de lui, plus déterminé dans ses choix et ses envies. La vibration artistique qui prolonge l’après des festivals inonde, de façon souriante, le travail des répétitions et le temps des représentations. On en était. On l’a fait. Le groupe devient adulte : il joue moins, il est, davantage encore. C’est ça le théâtre, au fond. La vie.

Pour le THEATRE2000

Bernard Gillard

P.S. 1 : Mieux vaut trouver la perle rare pour faire le job et le suivi de l’aspect administratif entre le festival et la troupe. (Voyage, transports, lieux de représentations, technique, fiche technique, hébergements, repas, régies, droits d’auteurs, photos, droits à l’image, etc.).

P.S. 2 : Mieux vaut disposer d’un petit pécule en caisse, tous les frais n’étant pas couverts à 100 %. Mais cela, c’est anecdotique par rapport au retour humain et artistique.



Share